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Les chroniques culturelles du RAFO

Le 17 novembre 2021
 


Le théâtre et moi
 
Chroniqueur : Pierrette Boisvert
 
Même durant ma tendre enfance, j’ai toujours rêvé de faire du théâtre. Étant la plus jeune de trois filles et avec cinq et sept ans de différence avec mes sœurs, il m’arrivait souvent de jouer seule. Aucune pitié à y avoir puisque j’étais très heureuse de me retrouver dans mon monde rempli de personnes imaginaires où j’étais, évidemment, l’héroïne. Je m’inventais des langages que moi seule pouvais comprendre. Ceux-ci me servaient à enrichir les différents personnages que j’interprétais devant ma seule spectatrice, ma poupée aux cheveux verts!  (J’ai toujours pensé que mes parents l’avaient achetée en solde étant donné sa chevelure bizarroïde. Pour moi, cette distinction la rendait unique et merveilleuse à mes yeux!) 
 
Enfant, je demeurais à quelques maisons de ma meilleure amie. J’allais souvent jouer chez-elle.  Son père nous prêtait le garage qu’il venait tout juste de construire afin que nous puissions organiser nos pièces de théâtre (ou devrais-je dire nos petites séances).  C’est là, à sept ans, que je fis mes premières armes comme auteur, régisseur, scénariste, metteur en scène, comédienne et ouvreuse. Nous avions installé de peine et de misère un semblant de corde à linge sur laquelle reposait une vieille couverture de laine en guise de rideaux de scène.  Quinze minutes avant d’ouvrir la porte du garage et de faire entrer nos amies, je donnais brièvement les grandes lignes de l’histoire à mon amie et nous devions improviser les répliques de tous les personnages de la pièce. Il en coûtait un sou pour entrer et le spectacle durait aussi longtemps que le permettait notre imagination. À notre grand chagrin, il arrivait quelque fois que certaines de nos spectatrices sortent avant même la fin de la représentation! 
 
C’est en troisième année que j’assistai pour la toute première fois à une pièce de théâtre, dans le gymnase de mon école, à Buckingham. Il s’agissait d’un conte féérique dont j’oublie le titre, mais j’avais été troublée par le jeu des comédiens. Ce n’est qu’en 1961, une fois installée à Orléans, que mon baptême de la scène se réalisa. J’ai eu la très grande chance et le très grand bonheur d’avoir comme enseignante Mlle Blandine Charbonneau à l’école Préseault. J’admirais profondément ce professeur qui partageait aisément ses connaissances. J’avais été grandement impressionnée par le fait qu’elle avait voyagé en Europe et qu’elle avait visité l’Exposition universelle de Bruxelles en 1958. Elle m’avait choisie pour participer au concours de français provincial en me faisant apprendre L’Annonce faite à Marie, de Paul Claudel. Elle m’avait enseigné l’intonation, la diction et l’interprétation de ce poème qui, à vrai dire, ne m’enchantait guère. Je n’ai peut-être pas remporté la palme d’or à ce concours mais, Dieu merci, Mlle Charbonneau m’avait transmise la piqûre! C’est d’ailleurs grâce à elle si le théâtre est entré dans ma vie. Ce n’est qu’au secondaire que mon amour pour cet art s’est concrétisé.  À cette époque, les élèves étaient dispensés d’écrire les examens de fin d’année si leur moyenne était suffisamment élevée. Notre professeur d’anglais, elle, accordait ce privilège aux étudiantes qui acceptaient de jouer dans la pièce de théâtre qu’elle avait choisi de mettre en scène.  Je sautai sur l’occasion et elle me donna le rôle d’une espionne, Mrs. Noel Travers, dans la pièce Disraeli de Louis N. Parker. Tous ces efforts pour seulement trois représentations, deux devant les étudiantes de l’école et une devant nos parents et invités spéciaux. Malgré tout, c’est à ce moment-là que je me suis mise à rêver à la possibilité de mettre le théâtre à l’avant plan de ma vie. Oh combien naïve j’avais été car cupidon m’attendait dans le détour. L’amour pour un jeune homme allait faire dévier mes aspirations théâtrales! 
 
Ce n’est qu’au début des années ’70 que la bosse du théâtre refit surface. Une annonce dans le journal piqua ma curiosité. Une troupe de théâtre anglophone cherchait des comédiens (expérience préférable mais non requise) pour un Diner Theatre à Manotick. Il n’était pas question de rater une occasion aussi unique d’assouvir ma soif et d’enfin mettre les pieds sur les planches. Je me pointai donc aux auditions toute tremblante et pleine d’espoir. Le producteur voulait une jeune « wench » francophone pour jouer le rôle de Mlle Claire Dubonnet, jeune servante ramenée de France par Henri VIII lors de l’une de ces nombreuses conquêtes. La chance me souriait car j’étais la seule à parler la langue de Molière.
 
Ainsi commença ma vie de comédienne. Pendant neuf mois, tous les vendredis et samedis soir, y compris la période des Fêtes où nous jouions deux représentations par soir, j’ai eu le bonheur d’exercer ce métier appris à la dure. Non seulement fallait-il interpréter notre rôle, mais les trois « wenches » du spectacle devaient en plus servir un buffet aux convives. Nous devions transporter d’énormes et très lourds plateaux de poulets entiers, de côtes levées et de différentes victuailles que nous devions prendre au premier étage et monter au deuxième.  Comble de difficulté, le forfait comprenait du vin à volonté. Inutile de vous dire qu’il coulait à flot avec le résultat que certains clients sortaient du spectacle complètement ivres. Aujourd’hui, avec toutes les campagnes de sensibilisation à l’alcool au volant, il serait très mal vu et pratiquement impossible de maintenir cette pratique… autre temps, autres mœurs, me direz-vous!
 
C’est en 1985 que ma passion pour le théâtre s’est manifestée de façon permanente avec la naissance du Théâtre du village d’Orléans Inc. Je vous épargne les diverses étapes qui ont mené à sa création. Il suffit de dire que je veille à sa survie depuis maintenant 36 ans. (Pour en connaître davantage sur ce théâtre communautaire, visitez le www.theatreduvillage.com.) Grâce à lui, j’ai pu perfectionner mon talent en plus de participer à plusieurs productions de Vox Théâtre et du Théâtre Dérives urbaines. C’est ainsi que j’ai accumulé suffisamment de permis de l’Union des Artistes pour obtenir ma cote « comédienne professionnelle » tout en travaillant en parallèle au Gouvernement fédéral. Maintenant à la retraite de la Fonction publique depuis plusieurs années, je continue d’œuvrer dans le milieu théâtral. Toutefois, force est de dire que la dramaturgie francophone canadienne n’est pas écrite en fonction des femmes d’un certain âge.  Même si ma carrière de comédienne tire plutôt vers le bas, je poursuis ma passion via la mise en scène, via la gestion du Théâtre du village, via ma contribution au théâtre du RAFO et via ma participation à divers conseils d’administration de compagnies de théâtre de la région. 
 
Je pourrais vous parler du théâtre ad vitam aeternam, mais je ne veux pas perdre mon auditoire. Je conclurai donc ma chronique en vous résumant ce que cet art vivant et si enrichissant représente pour moi. Pour ce faire, j’emprunterai les mots d’une extraordinaire comédienne, Andrée Lachapelle :
 
"Faire du théâtre, ce n’est pas juste faire un métier. C’est une façon de vivre, de voir la vie et les êtres. C’est une pensée. Si on ne se change pas soi-même au long d’une carrière, on a raté notre coup. On touche à des personnages qui sont beaucoup plus grands que nous. On les prend dans les moments cruciaux de leur vie, si on n’apprend rien à travers eux, on passe à côté… et à côté de soi-même, aussi!"
 


Ma recette préférée
 
Côtelettes de porc à l’orange
 
Ingrédients
30 ml huile végétale
4 côtelettes de porc 1/2 pouce d'épaisseur
1 sachet soupe à l'oignon
1 ml poivre
4 tranches d’orange pelées
250 ml jus d'orange
 
Méthode
Dans une poêle à frire, faire chauffer l'huile.
Y ajouter et faire dorer les côtelettes.
Saupoudrer le sachet de soupe à l'oignon.
Déposer sur les côtelettes les tranches d'orange et arroser de jus d'orange.
Amener à ébullition, couvrir, réduire la chaleur et laisser mijoter 30 minutes ou plus jusqu'à tendreté de la viande.


 
 
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Prochaine chronique culturelle le 1 décembre 2021
 
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