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Lettre #74
Lundi 26 octobre 2020

 LES 2 POINTS À RETENIR 

  1. Samuel Paty : L'école attaquée, la République ciblée. Vendredi dernier, l’horreur a — encore — frappé et la terreur a franchi un cap. L’égorgement d’un professeur orchestré et mis en scène sur les réseaux sociaux est une méthode inédite d’une barbarie sans nom. La communauté éducative, mais – au-delà – la nation tout entière sont sous le choc. Notre position est très claire : nous devons faire bloc en étant intransigeant sur nos principes et ambitieux pour nos politiques publiques. 
  2. Crise sanitaire : Avec désormais 54 départements en couvre feu et 1 million de pauvres en plus : la situation continue de se dégrader. Le Premier ministre a reçu les présidents de groupe et chefs de parti suite au courrier que nous lui avons adressé la semaine dernière. Cette réunion a été décevante car elle n'a pas permis de partager des perspectives de plan d'action selon différents scénarii d'évolution. 
SAMUEL PATY - SOYONS INTRANSIGEANTS SUR NOS PRINCIPES ET AMBITIEUX POUR NOS POLITIQUES PUBLIQUES
Crédit photo : Assemblée nationale
Samuel Paty remplissait sa mission, qui est la plus belle de toutes et qui est au fondement du pacte républicain : transmettre un savoir à la jeunesse, former des esprits critiques, permettre l’émancipation de toutes et tous. Face à ce crime odieux et barbare, nous avons toutes et tous la responsabilité de faire bloc autour de nos enseignants, autour de la République, qui marche sur deux jambes :
  • La première jambe, c’est l’intransigeance sur l’application de nos principes, ce qui passe par la défense continue de l’autorité de l’État. Il ne faut pas avoir la main qui tremble pour aller chercher ceux qui combattent la République ;
  • La seconde jambe de la République, c’est l’exigence d’émancipation sociale pour que chacune et chacun ait sa chance. En 1904, Jaurès parlait déjà de cette seconde jambe « La République doit être laïque et sociale mais restera laïque parce qu’elle aura su être sociale ».

Ainsi, afin de faire bloc, Valérie Rabault a demandé au gouvernement d'être intransigeant sur nos principes et ambitieux pour nos politiques publiques. 
 Question de Valérie Rabault 
 Députée de Tarn-et-Garonne 
SAMUEL PATY - HOMMAGE NATIONAL A LA SORBONNE
Nous avons participé mercredi soir à l'hommage rendu à Samuel Paty à la Sorbonne.

La cérémonie a commencé avec la lecture de la lettre de Jaurès aux instituteurs et de celle de Camus à son instituteur Monsieur Germain : ces lettres disent si bien tout ce que nous devons aux enseignants.
  • "Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé" écrivait Camus.
  • Et pour Jaurès : "il faut leur (aux enfants) montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort".

Le Président s'est exprimé avec gravité et a évoqué notre destin commun, celui que les enseignants contribuent à forger par le savoir et l'apprentissage du libre arbitre.
SAMUEL PATY - NOS QUESTIONS AU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE
Après ce terrible événement, les témoignages des enseignants nous rappellent les conditions de travail difficiles auxquelles ils sont confrontés. Chantal Jourdan, députée de l'Orne, leur a réaffirmé notre soutien indéfectible et a posé trois questions concrètes au Ministre de l'Education nationale :
  • Quelles actions concrètes seront mises en place à la rentrée des vacances pour accompagner la communauté éducative et les enfants dans ce moment si difficile ?
  • Quelles mesures à long terme le gouvernement compte prendre pour accompagner les enseignants, si souvent délaissés ?
  • Quels dispositifs vont être mis en place pour renforcer l'application du pacte républicain à l'école ?
 Question de Chantal Jourdan 
 Députée de l'Orne 
CRISE SOCIALE - TOUS LES VOYANTS SONT AU ROUGE !

Conséquence directe de la crise sanitaire et sociale, le nombre de demandes d’aides sociales, dont le RSA, a bondi depuis le confinement.

  • En août, les dépenses des départements liées au RSA ont augmenté de 9,2 % par rapport à la même période en 2019 ; elles ont crû de 16 % en Corrèze et de plus de 15 % dans le Val-de-Marne, et on nous annonce que le nombre de pauvres augmentera de 1 million.
  • Comme l'a rappelé Isabelle Santiago, députée du Val-de-Marne, "dans le champ social, tous les voyants sont au rouge". Elle a demandé au gouvernement de soutenir financièrement les départements en première ligne face à la crise sociale et d'instaurer un "minimum jeunesse" à travers l'ouverture du RSA dès l'âge de 18 ans.
 Question de Isabelle Santiago 
 Députée du Val-de-Marne 
POURQUOI NOUS AVONS VOTE CONTRE LE VOLET RECETTES DU BUDGET 2021
800 000 emplois supprimés en quelques mois, 80 % de faillites supplémentaires attendues en 2020, déjà 80 % de plans sociaux en plus par rapport à 2019, une chute de 10 % du PIB, 130 000 nouveaux allocataires du RSA, une hausse de 30 % des demandes d’aide alimentaire et une jeunesse désemparée… Les chiffres donnent le vertige.
  • Le budget pour 2021 devait être l’un des plus importants depuis la crise de 2008, après examen, il n’inspire que de la déception. ll ne mobilise finalement que 35 milliards d’euros sur les 100 milliards promis dans le plan de relance ; et il ne consacre qu’une infirme partie de son montant à l’urgence sociale : 0,8 %. Loin de l'ambition de notre plan de rebond que nous avons présenté dès le 9 juin.
  • Le gouvernement s'obstine dans l’absence de contreparties sociales et écologiques aux baisses d’impôts accordées aux entreprises. comme le proposait le groupe Socialistes et apparenté, vous refusez de mettre le pays sur la voie d’une croissance soutenable, juste et responsable.
     
 Explication de vote de Christine Pirès Beaune 
 Députée du Puy-de-Dôme 
RENFORCONS LE FONDS D'INDEMNISATION DES VICTIMES DES PESTICIDES
En 2004, Paul François, céréalier en Charente, avait été intoxiqué par les inhalations d’un pesticide. Mercredi, après 15 ans de bataille judiciaire, la cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par la firme Monsanto après sa condamnation en avril 2019 par la cour d’appel de Lyon. La justice a estimé que la multinationale aurait dû signaler le danger spécifique d’utiliser le produit.

Depuis 2017, les députés socialistes et apparentés partagent ce combat proposent un fonds d'indemnisation des victimes des produits phytopharmaceutiques.
  • En février 2018, Dominique Potier avait déposé une proposition de loi. Elle avait été rejetée par la majorité en commission en février 2019 alors que nous l'avions inscrite dans notre niche parlementaire, mais avait finalement abouti à la fin de l'année 2019 dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Lire notre proposition de loi
BUDGET DE LA SECURITE SOCIALE - NOTRE ANALYSE
Après l'examen du projet de loi de finances la semaine dernière, cette semaine le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) était examiné en séance publique :
  • Nous saluons la traduction dans ce texte des mesures du Ségur de la santé. Les soignants ont été en première ligne face au virus, et les hausses de salaires et les primes proposée sont attendues de longue date. Mieux vaux tard que jamais. Néanmoins ces mesures sont insuffisantes, elles permettent juste de répondre à une crise sanitaire ponctuelle. Ce budget n’est malheureusement pas destiné à de nouveaux recrutements à l’hôpital ni à de nouvelles ouvertures de lits ;
  • Ce budget de la sécurité sociale prévoit qu'un passage non programmé aux urgences fera désormais l’objet d’une participation forfaitaire (de 18 euros) de la personne si ce passage n’est pas suivi d’une hospitalisation dans un service de médecine, de chirurgie, d’obstétrique ou d’odontologie. Cette participation forfaitaire pénalisera des territoires dans lesquels il n'y a pas d'autre choix que de consulter les urgences faute de médecins et pourrait limiter l’accessibilité des soins aux personnes précaires, dans un contexte d’aggravation des inégalités sociales et de santé ;
  • La loi du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l’autonomie a permis de créer la cinquième branche de la sécurité sociale, qui doit permettre un meilleur accompagnement de la perte d’autonomie. Mais comment ne pas s’inquiéter de l’absence d’un financement pérenne de cette branche dans ce PLFSS ? De nouvelles recettes sont nécessaires : les besoins des EHPAD comme des services d’aide à domicile étaient immenses avant la crise, ils le sont encore plus aujourd'hui.
LES MEDIAS
DE LA SEMAINE






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