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Salut <<ton plus beau prénom>> !

Comment ça va pour toi ?

3 semaines sans Niouzes, le temps de connexion est court et je ne m’en plains pas...

On a quitté le désert pour la Sierra Nevada et c’est vertigineux!
D’abord déçue par l’absence de neige, je constate comme ça nous aurait compliqué la tâche... no regrets!

Je t’écris depuis Bishop après 16 bonus miles pour monter à Mt Whitney (4 421 m - plus haut sommet des Etats-Unis hors Alaska) et 8 bonus miles pour passer le col de Kearsarge, atteindre une route, faire du stop et se réapprovisionner en nourriture pour rallier Mammoth Lakes dans environ 120 miles (193 km)... C’est Wild...


(montée à minuit sans frontale car la lune était quasi pleine, vent glacial sur la fin... on était frigorifiés 🥶)

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Cheryl Strayed est l’autrice de Wild, un récit depuis adapté au cinéma par/avec Reese Witherspoon. 

Le livre et le film ont fait un carton et contribuent à rendre le Pacific Crest Trail très populaire...

Cheryl dont je trouve la renaissance après le décès de sa mère profondément inspirante et dont j’apprécie beaucoup la sagesse et la générosité.

 

“Dis donc, ça a pas l’air facile” ou “elle en chie” pour parler plus cru me disaient Charlotte Attry (The French Morning) et Stéphane (Allô La Planète) en m’interrogeant après avoir vu le film.

 

Alors oui, c’est difficile, aucun doute là-dessus !

Il y a le poids du sac, l’eau à transporter sur des kilomètres et des kilomètres, la douleur physique, la fatigue, la chaleur, le vent, le froid (parfois), la pluie (rarement), les doutes et les frustrations...

 

Ce don’t manquait Cheryl Strayed, c’était de préparation : elle n’avait jamais passé plus d’une nuit sous une tente au moment de décider de marcher seule sur 1100 miles (1100 sur 2653) !

Elle n’avait jamais mis les pieds en Californie, jamais testé son matériel ni même marché avec son sac chargé (sac à dos qu’elle baptisera “monster” sur le sentier)... encore moins randonner sur neige !

On est presque 20 ans plus tard et le matériel est aujourd’hui plus léger et l’accès à l’information bien facilité avec les blogs et vlogs qui pointent vers les meilleures pratiques.

On utilise l’appli Guthook Guides pour télécharger les cartes et commentaires laisses par les they-hikers devant nous : 

- “35 gallons à tel endroit”,
- “ruisseau à sec”,
- “citerne douteuse”,
- “marcher 100 yards depuis la barrière et descendre jusqu’à l’éolienne pour trouver une mare”, etc. 

 

On y trouve aussi les lieux où bivouaquer, des infos concernant les sentiers “bonus” pour gravir un sommet comme Mt San Jacinto ou Mt Whitney, des conseils sur comment rallier une ville, les bonnes adresses pour se ravitailler, la possibilité de commander des pizzas depuis une ranger station (c’est bon pour le moral !!)

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Après plus de 788 miles (1269 km), je me sens très très bien. 

Malgré les douleurs dont j’ai compris qu’elles faisaient partie du jeu, je me sens tout à fait capable d’aller jusqu’au bout.

J’ai trouvé mon rythme et mon style.

Nate et moi avons trouvé nos marques ensemble et aussi notre tramily.

Car c’est surtout d’une tramily dont manquait Cheryl Strayed, une trail family... un groupe avec qui marcher.

 

À force de toujours tomber sur les mêmes personnes aux points d’eau et aux bivouacs, c’est naturellement qu’on s’est liés d’amitié et qu’on a commencé à passer nos neros/zéros et fêtes d’anniversaire ensemble... ainsi, depuis Wrightwood (mile 369 / fin mai), on fait partie des Centipedes !

 

Chose impensable pour moi au début, notre tramily compte 11 personnes !

Et on fait partie d’une « bulle » encore plus grande !!

En regardant les vlogs d’Elina Osborne fin 2019, je m’étais dit que jamais - au grand jamais, je ne randonnerais avec 7-9 autres individus.

 

Comme quoi, “Il ne faut jamais dire jamais”...

 

La “bulle”, c’est l’addition de toutes les tramilies qui se retrouvent pour fêter un anniversaire, pour traverser l’aqueduc de nuit avec des glow sticks, pour une soirée karaoke ou un « talent show » à Kennedy Meadows. 

C’est le résultat d’un thru-hiker, super organisateur nommé “Tree beard” qui navigue entre les tramilies et donne RDV à tout le monde.

Comme ici à Hiker Town avant de traverser la plaine de l’aqueduc...

 

Avant de partir, je m’imaginais ne même pas parler avec Nate la journée pour que chacun d’entre nous ait son espace et puisse apprécier le silence.

Dans les faits, il est très rare que l’on marche à 11, chacun trouve son rythme et de temps à autre, en se rapprochant d’une route ou d’un marqueur, on marche ensemble...
 

(Le seul point d’ombre après la nuit sur l’aqueduc. Partis à 18h30, on fait une pause à mi-chemin et atteint la water cache 17 miles plus loin à 1h30. Au lever de soleil, on repart pour 7 miles, un ruisseau. 2 arbres seulement sous l’ombre desquels on s’écroule)

Le gros avantage de la tramily pour moi, c’est que Nate accepte plus de ralentir.

Si on n’était juste tous les deux, il voudrait avancer plus vite.
Voilà qui sauve mes tibias (et mes genoux, et mes cuisses, et mes pieds) 😅 

L’adage “seul(s) on va plus vite, ensemble on va plus loin” se vérifie...

Beau voyage à toi
Perrine


Podcasts 
(1) Viens traverser l'Atlantique en 45 minutes !
(2) Mes voyages post-burnout et ma rencontre avec Nate


Pacific Crest Trail
Presse. Article pré-PCT sur French Morning.
Tous les articles du blog se trouvent ici.
Et les Niouzes là 👇🏽
Niouzes 00 - PCT H -23, le premier départ
Niouzes 01 - Le jour J 
Niouzes 02 - Voilà, c’est arrivé
Niouzes 03 - STOP est un acronyme
Niouzes 04 - Du mur aux ponts
Niouzes 05 - Aux portes de la fournaise
Niouzes 06 - 500 miles et plus de photos

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