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Qu'est-ce qu'on boit ?

Chaque jeudi, la SAQ met en prévente ses produits en ligne. Voici ce que je mettrais dans ma caisse cette semaine. 

Prévente en ligne du 2 mai
En succursales le 9 mai
Cliquez ici pour avoir la liste des infolettres hebdomadaires déjà partagées (pratique en succursales).


**Grosse semaine en arrivages. J'ai décidé d'envoyer l'infolettre deux heures plus tôt pour que tout le monde soit bien au courant de l'arrivée des magnums de pinot gris orange de Meinklang. Selon mes estimations, à 10h45 il n'en restera plus. FAITES VOS JEUX !

De soif

Chianti Fiasco 2016 de Fattoria di Sammontana (35,75$ MAGNUM)
Rouge. L'an passé, j'ai commis une grande erreur....et j'ai snobé ce vin. Quand j'ai été reçu chez des amis et que j'en ai finalement bu, je m'en suis TELLEMENT voulu. C'est genre 18 $ le coût par bouteille, pis ça vient avec une petite jupette en paille. Qu'est-ce que tu veux de plus pour les BBQ qui s'étirent ? C'est 90 % sangiovese et 10 % canaiolo issus d'une viticulture bio certifiée, fermentation spontanée sur levures indigènes en cuve de ciment, pas de filtration. Ça va partir vite. 
Auxerrois 2017 d'Earl Lindelaub (26,55$)
Blanc. Ça, je suis très très très excité de l'arrivée de ce producteur en SAQ. J'ai écrit à l'importateur, Jack de chez Glou, qui m'a dit avoir rencontré Lindelaub grâce au célèbre Richard Leroy (voir bande dessinée Les Ignorants). Il a ajouté que le vigneron avait une énergie folle qui lui rappelle celle de Bornard (écrire tous ces noms me donne terriblement soif). Bref, il a su me convaincre en quelques mots de m'en mettre 6 dans ma caisse. Le vigneron est passé à l'approche nature il y a un bon moment quand même. Le pinot auxerrois est une belle variation de la famille des pinots qui donne des vins avec une bonne acidité, des arômes de fruits exotiques ainsi que de fleurs blanches. 
Le P'tit Poquelin 2017 de la Maison B Perraud (24,45$)
Rouge. Parfait pairing avec la série P'tit Quinquin de Bruno Dumont. Il y a deux ans, ce vin avait frappé fort, sur des notes fermières qu'on aime tant attribuer au vin nature (bien que je crois qu'on commence à en revenir). C'est du gamay de soif sur lequel on fait des très longues fermentations de 11 mois visant à ne jamais brusquer le vin (ne pas confondre fermentation et élevage). J'avais bien aimé 2015, mais j'ai trouvé 2016 un peu discret (je n'étais pas le seul, je crois bien). On se souhaite donc que 2017 soit à nouveau un super vin de soif à bon prix !
Graupert Pinot gris 2017 de Meinklang (61,75$ MAGNUM)
Orange. Ça, c'est pas très bon, vous n'aimerez pas ça. Commandez-en pas. Ça sert à rien. Surtout avec le printemps qui arrive en fait pour vrai, c'est pas ça qu'on a envie de boire. (De toute façon, je ne serais pas surpris que ça se vende en un temps record). Les vignes sont laissées en liberté et poussent sans intervention (c'est contre-intuitif, mais elles finissent par trouver son équilibre). C'est du pinot gris en macération pelliculaire, cuve béton, pendant 17 jours, vin non filtré et non collé. C'est du orange de grande soif, avec beaucoup d'acidité, hyper vivifiant, excellent rapport qualité-prix. Un classique. 

De curiosité

Secateurs Rosé 2018 d'Adi Badenhorst (16,85$)
Rosé. Producteur emblématique bio d'Afrique du Sud, Badenhorst a appris à faire du vin à Crozes-Hermitage. Leur chenin blanc qui tourne autour de 18 $ m'a souvent dépanné il y a deux ans, en genre de blanc d'apéro pas cher. Je n'ai pas eu la chance de goûter leur rosé, mais à voir que c'est majoritairement du cinsault avec une pointe de syrah, j'ai l'impression qu'il y a du beau fruit ici et que le tout est hyper sec. Ça vaut clairement la peine de l'essayer à ce prix-là. 

De table

Laura Barbera d'Alba 2016 de Ferdinando Principiano (25,25$)
Rouge. On a ici l'occasion de boire de la belle barbera nature à bon prix. C'est travaillé tout en fraîcheur avec de l'élevage en cuve inox, ce qui permet à l'aromatique de s'exprimer aisément (violette, cerise, anis). Fernandino, qui a repris le domaine de son père, n'aimait pas ses premiers vins, costauds et sans personnalité. Il vinifie aujourd'hui avec levures naturelles, fait de longues fermentations et n'ajoute qu'un peu de sulfites à la mise en bouteille. Ça trouvera bien sa place à table dès qu'il y a un peu de viande (volaille, porc, veau). 

De mini-bar

Manzanilla de La Guita (18,35$/750ml)
Xérès. Je n'ai jamais goûté ce xérès, mais en googlant je suis tombé sur la critique de Jean Aubry dans Le Devoir. Les xérès sont produits à partir du cépage palomino et sont des vins fortifiés, en ce sens qu'on y ajoute de l'alcool. Les manzanillas, plus précisément, mûrissent sous voile, ce qui protège le vin de l'oxydation. Le terme se traduit de l'espagnol par camomille, faisant référence bien évidemment à une infusion où les saveurs sont très délicates. On est sur des notes salines, de noix et de citron. C'est super en apéro quand c'est servi frais, ça accompagne aussi très bien les fromages en fin de repas. 

De grande soif

Morgon Côte de Py 2015 du Domaine La Bonne Tonne (33$)
Rouge. On a ici du grand Beaujolais. 2015 était une année chaude, qui amène l'aromatique des petits fruits que l'on connait du gamay à se transformer lentement vers la confiture de ces mêmes fruits. Le fait qu'on ait fait un élevage de 28 mois en vieux fût de chêne permet généralement au vin de trouver un superbe équilibre. Côte de Py est l'un des plus prestigieux terroirs de Morgon. Marcel Grillet travaille en bio et en nature (cette cuvée a moins de 16 mg/l de sulfites, 30 étant en général la limite des rouges en nature). Bref, un vin qui impose le respect. 
Le Sa vient d'où ? d'Anne et Jean-François Ganevat (54,50$)
Blanc. Ben oui, encore nos grands chouchous du vin nature, les Ganevat. Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, ce sont des vins qui proviennent d'achat de raisins (négoce), puisqu'ils ne travaillent que 8,5 hectares dans le Jura et que les vins sont en très grande demande. L'assemblage est assez fly-pet : 50 % autres cépages, 20 % savagnin, 15 % picpoul et 15 % viognier. On a également un mélange des approches au niveau de la vinification : macération pelliculaire pour les uns, voile pour les autres et même élevage sur lies. C'est possible qu'il y ait de la réduction à l'ouverture, que le nez soit fermé : laissez-le s'ouvrir, mais restez pas loin, je ne connais pas sa durée de vie (une heure, 4 heures, une journée, qui sait ?). 

De garde

Puisseguin Saint-Émilion 2011 du Château Langlais (37,25$)
Rouge. Profitez-en, parce que c'est assez rare que des vins de Bordeaux se retrouvent dans mon infolettre. J'suis pas en guerre contre la région, mais disons que ça donne souvent des vins durs d'approche en jeunesse. Bref, on a ici un vin que je recommande car importé par Boires. Gérard Dupuy travaille en bio (certifié) et fermente sur levures indigènes. C'est sur bois neuf, mais je vous jure que le bois neuf sur des vins de ce genre, ça n'a pas la même connotation que sur du pinot noir. N'en demeure pas moins que j'aurais tendance à attendre un petit deux ans avant de boire. 

On se partage une caisse d'IP

L'importation privée est vue à tort par plusieurs comme étant inaccessible et coûteuse. De nombreuses agences à Montréal ont pourtant de véritables bijoux dans leurs portfolios et je vais tenter de vous en repérer chaque semaine. Suffit de se trouver des amis avec qui partager la caisse (ou pas) et d'écrire à l'importateur-trice. Bingo !

Friulano 2017 de Ferlat (29,68$/bouteille - Caisse de 12)
Blanc. Oh que j'ai pensé à vous cette semaine. Je suis allé goûter des trucs avec Sébastien chez Bacchus76 pour préparer mes dégustations sur l'Italie et quand il m'a fait goûté ce vin, je suis un peu tombé sur le cul (déjà que j'étais tombé amoureux de leur pinot gris orange, qui donne du vin rose, de quoi mélanger Thérèse et Marcel de Repentigny). Ce cépage, le tocai friulano, a une aromatique que je ne connaissais pas. Une fois que tu réalises que ça sent le noyau de pêche, t'es plus capable de penser à rien d'autre. L'acidité du vin te donne envie de siffler la bouteille en quelques instants. On est sur des sols d'argile et de grès, en conversion vers la certification bio. On fait une courte macération de 12 à 24 heures en béton et sur levures indigènes avant d'élever en béton. 

"Es-tu dans le vin, toi ?"

L’autre fois j’ai dit à mon chauffeur de taxi que oui…pis il m’a cru. Libre à vous de définir mon statut. Je dirais surtout que je suis un gars qui dépense la moitié de sa paie en vin et qui mange du tofu le reste de la semaine pour compenser. La vérité c’est que j’ai commencé cette infolettre pour que mes parents achètent de meilleurs vins quand je vais souper à St-Lambert, pis je me suis dit que ça pourrait inspirer vos parents aussi, ou vous, accessoirement. Je repère les vigneron-ne-s qui travaillent bien, peu importe le style, la provenance, ou le budget. Comme dirait le Sommelier Nordiq, le vin c’est fait pour être bu en gang. Je ne suis pas sommelier, mais quelqu’un m’a déjà décrit comme l’ange gardien des bons boires.

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